Cine-Journal (Aug - Dec 1909)

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2e Année. N° 54 30 Août-5 Septembre 1909. Ciné •J rournal Organe Hebdomadaire de l'Industrie Cinématographique Directeur : G. BUREAU flBOMÏÏEMcHTS : FRANCE Un an 10 fr. ÉTRANGER Un an ...... 1 2 fr. Le Numéro : 25 cent. Parait tous les Jeudis Rédaction & Administration 30, Rue Bergère PARIS TÉLÉPHONE 161-54 HISTOIRE DON BALLON ALLEMAND d'un flppanil Cinématographique ET DE LA. POLICE RUSSE 'VVVWWVW Nos lecteurs n'ont sans doute pas oublié qu'un ballon allemand ayant passé la frontière russe, il y a vingt jours, tut criblé de balles par les cosaques. La presse quotidienne fit alors grand bruit autour de ce déplorable incident puis, sur l'inspiration manifeste des ambassades, le silence le plus profond succéda à l'agitation. Il y eut même des démentis officieux de YHavas. Nous sommes en mesure de remettre les choses au point et d'apporter ici l'expression exacte de la vérité. Ce n'est pas de notre faute si elle manque de grâce. Mais il nous appartenait ici de dire avec précision l'injure faite à des aéronautes cinématographistes par la Russie brutale et ignorante. Voici les faits : Le 11 août dernier, le ballon libre Tschudi, monté par M. Oscar Messter, le cinématographiste alLiuand bien connu et le protesseur Brinkmann, s'élevait de Berlin. Les aéronautes emportaient les appareils nécessaires à la prise de vues et comptaient rapporter quelques films à vols d'oiseau dont on connaît le charme pittoresque. Le vent les poussa jusqu'à Breslau puis, malgré leurs efforts, vers la Russie. Ils se trouvaient à 200 mètres au delà de la frontière russe lorsque les cosaques dévoués à leur petit père Nicolas les criblèrent de balles. Cachés dans la nacelle MM. Messter et Brinkmann échappèrent par miracle à la mort. Mais le ballon se dégonflait et put atterrir. Malgré leurs protestations indignées les aéronautes berlinois furent immédiatement appréhendés. Le ballon et les appareils cinématographiques furent mis sous séquestre. Les cosaques jugèrent, en effet, dans leur intelligence de gendarmes que la boîte à manivelle pouvait fort bien receler quelque bombe mystérieuse et ne prirent des précautions pour les transporter que parce qu'ils redoutaient une soudaine explosion. Vous croyez peut-être que l'incident dura quelques heures et qu'on relâcha les aéronautes. Point. L'administration russe arrête vite mais ne se dessaisit que lentement de ses victimes. Au surplus, les soldats et les douaniers se payaient sur les deux aéronautes : argent, alcool, tabac, ces Messieurs durent tout offrir à leurs gardes du corps cependant que la foule intelligente les huait. Il fallut l'intervention énergique d'un châtelain voisin, M. Petropawloski, pour mettre fin à ces tristes scènes. L'ambassade de Berlin s'émut et fit des représentations près du gouvernement russe qui dût, avec des excuses, relâcher MM. Messter et Brinkmann. L'arrestation avait duré quatre jours. Le ballon et les appareils cinématographiques furent rendus non sans peine à leurs propriétaires qui durent toutefois acquitter des frais de douanes exorbitants — contre toute justice et toute légalité.