Universal Filmlexikon (1932)

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le meme effet — mais il se trouve qu'il est possible de la faire röder de droite et de gauche, et de filmer ainsi la scene sous des angles differents — gros plan de quelque objet important dans la piece — des visages de ceux qui parlent — et qu'on Tutilise — la camera — comme dans une espece de rapport rythmique avec l'intensite de la querelle; il en resulte que Ton tire ainsi de la scene ce que l'on pourrait appeler «une secousse» visuelle et auditive. Dans la pratique, ce resultat s'obtient au moyen de ce que, en langage technique, on appelle: «cutting». Quant ä Felement amoureux, il n'est pas absolunient essentiel au film modei-ne, dans un parlant de grande classe, encore qu'on le rencontre dans la ])lupart des bons films. Le malheur, c'est qu'aujourd'hui cet element s'exacerbe dans tant de productions. Quelques films aniericains sont particulierement fautifs ä cet egard; mais ils commencent ä s'ameliorer. Le theme amoureux, ä condition qu'il soit bien traite, constitue, ainsi qu'on a pu le verifier, une excellente trame pour la plupart des films populaires. L'attrait qu'il possede pour toutes les classes sociales en fait un ingredient presque indispensable, si l'on ne veut pas que l'exploitant eprouve d'ameres deconvenues du cöte de ses recettes. II y a des exceptions — «Journey's End» et quelques autres — mais il s'agit d'oeuvres qui, toutes, sont d'abord produites ä la scene avant d'etre adaptees ä l'ecran, et qui, dune facon generale, ne passant au studio qu'apres que leur succes au theätre a ete definitivement assure. Le sentiment, traite sur le mode bumoristique, a servi de base ä quelques-uns des meilleurs films de ces dernieres annees; cette remarque s'applique plus particulierement aux productions anglaises. On a du mal ä trouver mieux qu'une comedie sentimentale sur la vie bourgeoise. Je n'ai pas la superstition des grands noms. Je crois que les jours des grandes «vedettes» sont passes. Dans la vaste majorite des cas, les «vedettes» sont creees ä l'aide d'une publicite massive, pour laquelle les magnats aniericains du film depensent des sommes illimitees. A cet egard, Elstree ne peut rivaliser avec Hollywood. II ne dispose pas des memes ressources; mais il senible bien qu'il se tire d'affaires tout de meme, sans cette surenchere forcenee. Bien que le tam-tam et la surencbere aient le pouvoir de faire une «vedette», une publicite continue ne garantit nullement que la faveur du public continuera. La «vedette» est de se montrer ä la bauteur de la reputation qu'on lui a ainsi fabriquee obligee, sans quoi son eclipse devient inevitable. Apres quelques annees la plupart des «vedettes» ne peuvent plus soutenir un pareil effort. Elles se marient avec des metteurs en scene ou des agents de change, et l'on n'en entend bientot plus parier. «Sic transit gloria\ Tous les editeurs ont leurs reves. Je ne suis pas une exception. L'une de mes ambitions est de produire un film ayant pour cadre Covent Garden. Ses possibilites sont immenses. L'Opera de Covent Garden est une institution connue dans le monde entier; ses racines sont solidement ancrees dans le sol litteraire et artistique de l'Angleterre; c'est une institution nationale saturee d'un dramatique riebe d'emotions qui offre au cinema un champ d'activite illimite. Indissolublement lie ä l'Opera, s'etale le fameux marche, avec sa variete de gens et d'emotions, sa foule bigarree de types, ses marchands des quatre Saisons cockney, et ses acbeteurs au portefeuille bien garni, ses vendeuses de fleurs et ses belles clientes de Mayfair aristocratique, se cotoyant dans un desordre admirable, et de l autre cote de la rue, le grand poste de police de Bow Street avec son spectacle quotidien de tragedie et de comedie. Voici bien des materiaux pour un film süperbe: art, beaute, gloire, richesse, pauvrete, bumour, pathetique, crime, commerce, et la Loi! Line autre de mes ambitions, c'est de realiser un film sur le Roi Arthur et les Chevaliers de la table ronde, Guinevere et la Quete du Graal. Theme magnifique! A savoir si, ä etre traduil dans un film parlant moderne, ce theme se verrait depouille dune grande partie de sa splendeur romanesque, est une question discutable. La reussite de Ben Hur me donne de lespoir. Le dialogue serait difficile, mais la reproduction de la voix bumaine pourrait etre reduite au minimum, en faveur des effets sonores, de maniere que ce film serait. en realite, plutot un film silencieux quun film parlant. C'est ici, dans des films de ce genre. fondes sur des themes historiques ou legendaires, que le film muet a encore quelque chance de survivre ä l'envahissement du film parlant. II ne fait pas de doute que les films parlants monopoliseront presque en totalite lindustrie cinematographique de lavenir; il se peut toutefois, quil y ait encore place pour une certaine proportion de films muets qui se trouvent etre impropres aux adaptations parlantes. La difficulte linguistique est le gros obstacle au plein developpenient des films parlants. Certes, on peut surmonter cet obstacle en produisant des films multilingues. ou encore il se peut que l'on standardise sous peu un procede ou un autre qui permettra, a relativement tres peu de frais, de convertir tout film dans n'importe quel langage que l'on desii'e. G est la Solution la plus probable. L'emploi de plusieurs troupes d acteurs et d'actrices pour enregistrer le meme film dans differentes langues est une methode coiiteuse, et bien qu'on l'ait utilisee. eile sera obligee de ceder le pas ä une autre qui soit plus economique. 36